Les avions en or de Colombie

Presentation des artefacts

Les sculptures en question sont une production de la culture colombienne des Quimbayas. Leur lieu de conservation actuel n’est pas déterminé avec précision : ils sont la propriété du Musée de l’Or de Bogotá (d’après le site www.dinosoria.com) mais l’or Quimbayas est stocké dans deux succursales possibles à Armenia et Manizales.

Le site www.colombiaculture.com/quimbaya-civilization/ propose une section de présentation de la culture Quimbaya et évoque les artefacts qui sont d’ailleurs nommés en espagnol « Pájaros del Otún », c’est à dire les Oiseaux de l’Otun, du nom de la rivière Otun dans la province de Risaralda sur les rives desquelles ils ont été trouvés. Il s’agit d’un zone située au centre de la Colombie.

Les photos de deux des artefacts sont proposées sur ce site et sont généralement celles les plus montrées. Leur taille est d’environ 4cm de long pour 3 cm de large et 1 cm de hauteur.

Oiseau Quimbaya
Oiseau en or des Quimbayas n°1
Oiseau Quimbaya
Oiseau en or des Quimbayas n°2

S’il n’est pas possible d’avoir la datation exacte de ces artefacts, les Quimbayas sont « arrivés du nord vers les années 1300 seulement et prennent la place d’anciens peuples qui savaient déjà travailler l’or et l’argile ». Nous avons donc une datation basse de ces sculptures.

Les hypotheses

Le site www.dinosoria.com comme de nombreux autres, évoque la confrontation de deux hypothèses. La première est que ces sculptures sont des bijoux zoomorphes, la seconde est qu’ils seraient des représentations de machines volantes d’une technologie très avancée, aujourd’hui disparue, et dont les Quimbayas auraient été témoins – y compris des vaisseaux extraterrestres. Ils auraient ensuite reproduit en modèles réduits ce qu’ils auraient vu et ainsi incorporé dans leur culture ces représentations.

Le debunk

Plusieurs arguments sont en faveur de l’hypothèse de bijoux et de nombreux critères écartent celle de miniatures de machines volantes. Et cela n’a rien d’étonnant lorsqu’on applique une démarche rationnelle.

Bien évidemment, ne présenter que la seconde hypothèse relève de la désinformation car la lecture conjointe des deux hypothèses permet de l’abandonner rapidement au profit de celle la plus probable – qui est aussi la plus simple.

Commençons par examiner des exemples de l’art des Quimbayas en général tout simplement sur la page Wikipedia qui leur est consacrée et propose une planche de la collection du Smithsonian Museum à Washington DC :

Extrait du rapport annuel du Board of Regents of the Smithsonian Institution (1896)

Nous avons encadré en rouge sept artefacts qui sont en totale cohérence avec le style des artefacts Quimbayas qui pour autant ne représentent pas des « machines volantes ». Notez la présence d’un des « avions » en haut à gauche : il est simplement un peu plus grand. Il est donc constatable que ces artefacts appartiennent bien à la culture Quimbaya comme un tout d’un mouvement artisanal et artistique. Mais dès lors, il existe donc des artefacts de la même période, de même style, et qui ne représentent pas des machines volantes …

Que nous dit l’examen détaillé des photos les plus récentes des « avions » ? Tout d’abord que ces artefacts disposent tous d’une double-spirale inversée ou de deux encoches opposées figurant des yeux. L’avant de l’artefact présente également toujours une séparation du reste, figurant un cou et détachant donc une tête et un corps. L’hypothèse d’une représentation zoomorphe est donc cohérente, là où nous ne serions pas en mesure de dire à quoi de tels éléments correspondraient sur une machine – sinon de la décoration.

Enfin, les deux artefacts de ces deux photos disposent d’une sorte de queue séparée du corps, à la jointure desquelles se trouvent des attaches pour un cordon, et pour l’un deux, un passant en forme d’anneau (image de gauche). Et l’on constate aussi qu’ils peuvent être posés à plat sur une table comme sur le torse d’un individu. Il est donc parfaitement envisageable d’y voir des pendentifs, et de les avoir nommés oiseau puisqu’ils ont des ailes.

D’où vient l’hypothèse qu’ils seraient des représentations de machines ? D’après la page Wikipedia espagnole Artefactos_quimbayas, la plus ancienne hypothèse en la matière a été posée par des chercheurs dans le domaine paranormal comme Erich Von Däniken et Robert Steven Thomas. Et plus particulièrement dans le livre de Däniken publié en 1974 « L’or des dieux – Les extraterrestres parmi nous » :

L’or des dieux – Les extraterrestres parmi nous (chez Robert Laffon)

Il est notable de constater que le parcours du suisse Däniken par la prison n’en fait pas ce que l’on pourrait appeler un chercheur de confiance d’autant qu’il est clairement un ufologue convaincu (en plus d’être un escroc). L’ouvrage de cet homme est clairement classé dans le domaine des pseudosciences et de la pseudo-histoire.

Enfin, concernant les expérimentations de maquettes de modélisme qui ont été faites pour prouver la faisabilité aérodynamique, deux objections majeures doivent être émises :

  • L’ajout d’une technologie de motorisation à une forme agrandie et modifiée n’est pas probante, puisque ce n’est pas l’artefact qui est analysé mais une transformation interprétée de celui-ci
  • Des modélistes chevronnés peuvent faire voler des modèles réduits de formes très diverses et sans nécessité de respecter des critères de l’aérodynamique, pourvu que la motorisation permette de compenser d’éventuels défauts. Dès lors faire voler une maquette motorisée qui ressemble à un bijou de 4 centimètres ne veut rien dire quant aux propriétés supposées à la forme de ce dernier. Cliquez ici pour voir un exemple de fer à repasser volant dans un article du Midi Libre.

Emissions

A la recherche des vérités perdues

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