Exemple de démarche scientifique

A des fins pédagogiques, nous souhaitons montrer à l’internaute comment s’effectue la démarche scientifique d’un fait historique au travers d’un exemple concret.

Generalite

La démarche scientifique est une méthode de travail largement décrite, comme par exemple dans cet article du Commissariat à l’Energie Atomique. Nous ne la décrirons pas ici mais en rappellerons le but ultime : être dans une démarche d’honnêteté à des fins d’échange, de critiques et de confrontations. L’adage qui la résume le mieux est cette célèbre citation de la fin du 19ème siècle :

« avoir foi dans ses principes et douter des formules. »

Claude Bernard, Introduction à l’étude de la médecine expérimentale (1865)

Ainsi, l’opinion n’a pas sa place dans la méthode car par définition cette dernière est une prise de position personnelle qui introduit autant la conviction que le doute qu’elle suscite chez qui ne la partage pas.

Nous invitons l’internaute à lire cet article de Patrick Juignet relatif aux critères de scientificité qui ont été étudiés par Karl Popper

« Karl Popper a été préoccupé par la différenciation (démarcation) entre la science et les savoirs qui ne peuvent prétendre au qualificatif de scientifique. C’est un problème important et toujours d’actualité. En effet, la crédibilité à accorder au savoir issu d’une démarche scientifique et à celui qui est issu d’une démarche spéculative, ou d’une croyance, n’est évidemment pas la même. »

JUIGNET, Patrick. Karl Popper et les critères de la scientificité. In: Philosophie, science et société [en ligne]. 2015. Disponible à l’adresse : https://philosciences.com/philosophie-et-science/methode-scientifique-paradigme-scientifique/112-karl-popper-et-les-criteres-de-la-scientificite.

Contexte de notre exemple

Au cours d’un échange sur un groupe Facebook, l’auteur du présent site fit une critique du propos du milliardaire Elon Musk affirmant que les pyramides de Gizeh en Egypte étaient construites par des extraterrestres. Ce qui ne manqua pas de provoquer des réactions du gouvernement égyptien.

Nous pouvons souligner que les preuves matérielles d’une construction par l’Homme existent pourtant, notamment par l’existence de quatre papyrii mathématiques, le papyrus de Moscou et le papyrus de Rhind étant les deux plus célèbres. En effet, ces documents attestent de problèmes de mathématiques de calculs de pente et même du volume d’une pyramide tronquée – donc en construction.

« Ces papyrii sont des faux réalisés au 19ème siècle ». Voici l’affirmation qui fut jetée sur un réseau social. Dans quel but ? Nous en ignorons encore les raisons car à la question posée « Pouvez-vous me le démontrer ? » l’interlocuteur affirma que la démonstration de l’authenticité n’était pas mieux possible. Cette affirmation totalement gratuite clôtura toute possibilité de critique constructive en raison d’un simple constat : les deux interlocuteurs ne sont pas dans la même démarche.

Nous vous proposons donc maintenant une application de la méthode scientifique à cette affirmation.

Notre exemple

Nous allons partir de cette affirmation « Ces papyrii sont des faux réalisés au 19ème siècle ». Répondons maintenant à la problématique : qu’est-ce qu’un faux document ?

Comment faire un faux document ?

Un document se décompose en deux parties : son support physique et le texte qu’il porte. Nous avons alors quatre possibilités uniquement :

  1. Le support est un faux et le texte est un faux
  2. Le support est authentique de la période mais le texte porté est faux
  3. Le support n’est pas authentique mais le texte porté l’est
  4. Le support et le texte sont authentiques ensemble

Les cas 1 et 2 sont clairement des faux, le cas n°3 n’est pas un faux mais une copie réalisée sur un support tardif – voire même de l’époque moderne – et dans un tel cas n’a pas pour objectif de duper : il pourrait être un fac-similé. Enfin le dernier cas est celui d’une source authentique.

Nous comprenons donc ici que la datation du seul support physique d’un document ne permet pas à elle seule d’en définir un critère d’authenticité d’autant qu’il n’est pas toujours possible de l’évaluer.

Cas n°1 : un faux support et un faux texte

La démarche scientifique commande d’étudier le support d’un texte en premier lieu afin de réaliser des analyses chimiques – voire isotopiques – d’une extrême complexité et souvent coûteuses. Mais cela suppose d’avoir accès à ce document. Dans le cas qui nous intéresse, l’accès au papyrus de Moscou, comme au papyrus de Rhind, est difficile en tant qu’ils sont des pièces de musées très fragiles. Ils font probablement l’objet d’un stockage en chambre forte et couvert par un contrat d’assurance établissant des restrictions de sécurité. Seule solution : avoir accès à des études déjà faites, pourvu qu’elles existent.

Supposons que ce support soit faux, il est donc le résultat d’une confection par un faussaire dont la date au plus tard est celle de sa découverte. Le papyrus de Rhind a été acheté par Alexander Henry Rhind en 1858 à Louxor. Le papyrus de Moscou, aussi appelé le papyrus de Golenishchev, a été acquis en 1892 ou 1893 par l’égyptologue Vladimir Golenishchev à Thèbes. Si faux il y a, leur conception respective date donc d’avant ces deux années précises.

Mais comment un faussaire des années 1858 ou 1893 pourrait-il réaliser un faux papyrus capable de tromper des experts d’aujourd’hui ? A cette époque là, la datation au Carbone 14 n’avait pas encore été inventée. Il est donc très peu probable qu’un faussaire ait pu créer un papyrus d’une telle qualité – pour ne pas dire impossible.

Le premier point à retenir est qu’il est indispensable de connaître la technique de fabrication d’un papyrus, mais également les usages de dimensions dans l’Egypte Antique – donc avoir déjà vu un vrai papyrus pour y récolter les règles de mise en page. En effet, les rouleaux de papyrus antiques ont des largeurs usuelles et une structure en registres : ils sont organisés en bande sur la longueur, avec des largeurs spécifiques.

La fabrication du papyrus n’est pas complexe mais demande une certaine maîtrise comme le montre ce TP de l’Université de Jussieu. Le résultat obtenu avec la vraie plante permet d’obtenir un support souple qui peut être roulé, alors qu’une autre plante, comme les feuilles de bananiers (souvent utilisées dans les boutiques de tourisme en Egypte) offrent une qualité médiocre, le support pouvant craquer lors d’une pliure. Un simple coup d’œil sur la répartition de l’implantation du papyrus dans le monde, permet de comprendre qu’il n’est pas facile de s’en procurer – mais pas impossible.

Car il faut bien garder à l’esprit qu’un papyrus est un produit de luxe, aussi bien aujourd’hui qu’à l’époque de l’Egypte Ancienne. Cependant, un faussaire des années 1858 ou 1893 aurait pu réaliser un tel support. Seul point restant à surmonter : le vieillir.

Car le second point à retenir est qu’il faudrait aussi une technique pour antidater artificiellement le support, un traitement chimique et/ou mécanique de vieillissement. Or de telles considérations chimiques et physiques n’étaient pas possibles vers la fin du 19ème. Car le but de la fabrication d’un faux est bien de tromper les experts de sa propre époque, donc les techniques déjà inventées. Si bien que l’avenir voyant l’apparition de nouvelles techniques, elles sauront révéler la supercherie.

Supposons cependant qu’un faussaire très habile ait réussi à produire un tel support capable de résister aux techniques modernes de datation. Il reste un troisième point à prendre en considération : le texte lui-même. Ayant un support, le faussaire doit maintenant reproduire un texte en égyptien ancien. Comment s’y prendrait-il ? Plusieurs situations sont possibles :

  1. Il écrit de manière manuelle sans modèle, comme s’il s’exprimait dans sa langue maternelle : il compose et invente un texte en imitant un scribe authentique directement sur le faux support
  2. Il rédige un modèle de la même manière que dans le cas n°1 puis le recopie sur le faux support (ce qui peut se comprendre si ledit support est difficile et coûteux à confectionner)
  3. Il peut aussi rédiger un faux texte en ayant une connaissance approximative de l’égyptien ancien
  4. Enfin, il peut aussi composer un faux texte alors qu’il ne connait pas la langue, par recopie partielle et morcelée d’un vrai papyrus
  5. Nous écartons immédiatement la méthode technologique, les méthodes de photographies et reprographies n’existant pas encore à cette époque

Pourquoi les cas 1 et 2 sont-ils fortement improbables ? Parce que la première grammaire hiéroglyphique a été publiée en 1824 par Jean-François Champollion. Aussi en 1858 quand le papyrus de Rhind fut acquis, peu de personnes dans le monde savaient lire ce système d’écriture. Cela revient à affirmer que le faussaire est nécessairement un égyptologue de cette époque, et un excellent linguiste.

Mais il existe un argument beaucoup plus fort pour invalider l’hypothèse de deux faux : ces deux papyrii sont écrits en hiératique, l’écriture cursive égyptienne (que Champollion connaissait) et non pas en signes hiéroglyphiques. Or, la première paléographie des signes hiératiques n’a été établie qu’en 1901 par l’égyptologue allemand Georg Möller. En d’autres termes, l’ouvrage de référence principal n’existait pas en 1858 pour Rhind. Et avec pour conséquence que la première traduction du papyrus de Rhind a été réalisée par Thomas Eric Peet en 1923. Il n’existait donc pas encore d’égyptologue et les ouvrages et connaissances nécessaires avant 1858 pour réaliser un faux texte de Rhind.

Concernant le papyrus de Moscou, sa découverte datant de 1893 et la paléographie de Möller de 1901, à peine 8 ans plus tard, laisse un très léger doute, sauf que Möller est né en 1876 et avait donc à peine 17 ans au moment de cette découverte. Il est donc tout autant improbable de pouvoir créer un faux texte du papyrus de Moscou en hiératique avant 1901.

Et s’il avait existé un personnage ayant un tel niveau de connaissance en hiératique et grammaire égyptienne entre 1858 et 1893 ? Il aurait été aussi célèbre qu’un Champollion et n’aurait pas eu besoin d’être un faussaire pour composer des faux qui ont ensuite étaient écoulés dans des échoppes égyptiennes à des prix plus bas que celui de fabrication.

Car n’oublions pas que le travail du faussaire a toujours un objectif pécuniaire. Si un faux n’est pas rentable, il n’est pas fabriqué.

Cas n°2 : un vrai support et un faux texte

Un habile faussaire pourrait cependant contourner dès 1858 la difficulté de réaliser un faux support, tout simplement en se procurant un vrai papyrus d’époque sur lequel composer un faux texte.

Cependant, cela suppose qu’un tel rouleau existe et soit vierge des deux côtés car le papyrus de Rhind est écrit en recto et verso. Celui de Moscou n’est écrit que d’un seul côté mais possède des traces d’un autre texte au verso (un palimpseste). Nous pourrions éventuellement admettre ici qu’il s’agirait d’un réemploi d’un papyrus authentique.

La probabilité de trouver un rouleau de papyrus vierge authentique est clairement infime – voire impossible. Mais faisons l’hypothèse d’école que cela fut possible d’en trouver un (et même deux ?) pour un faussaire en 1858 ou 1893. Un nouveau problème de réalisation surgit alors.

Car un papyrus authentique daterait de l’Ancien, du Moyen ou du Nouvel Empire, donc une fourchette de datation allant de -2700 à -1077 avant JC. Il aurait donc un age vénérable arrondi compris entre 2900 et 4500 ans. Or un support de cet age est d’une très grande fragilité. Il n’est plus possible d’écrire à sa surface sans prendre le risque de le déchirer.

Ceci signifie donc qu’un faussaire risquerait de détruire le support à la rédaction et qu’il disposerait d’une très grande quantité de vrais rouleaux authentiques pour espérer produire au moins un faux texte sans déchirure récente.

La conclusion de notre cas n°2 est donc identique au cas n°1 pour ce qui est de la faisabilité de réaliser un faux avec un vrai support. Notons au passage que les arguments d’un faux texte restent encore valables.

Cas n°3 : un faux support et un vrai texte

Comme nous l’avons vu dans le cas n°1, la réalisation d’un faux support est improbable. Mais il reste possible d’admettre qu’un faux support de très mauvaise facture soit réalisé, auquel cas il n’a pas pour objectif de duper les experts de son époque. Soit que le faussaire est mauvais artisan, soit qu’il n’est tout simplement pas un faussaire mais un professionnel confronté à une situation problématique : l’impossibilité de restaurer l’original définitivement endommagé.

Nous pouvons en effet supposer que l’original d’un document est dans un si mauvais état qu’il nécessite d’être copié. Cela se nomme un fac-similé. Ceux-ci existent depuis très longtemps mais leur technique de fabrication a grandement évolué : les premiers pouvaient se faire manuellement par dessin ou par frottement d’un morceau de charbon sur un papier plaqué sur le support original.

Puis par photographie, par reproduction numérique, pour finalement aujourd’hui faire intervenir des techniques de photogrammétrie fine (au micron !) avec laquelle même l’épaisseur de l’encre est mesurée. Le niveau de détail est tel de nos jours qu’il est possible de voir à quel moment un scribe a retrempé son calame dans le pot d’encre, sa densité variant tout au long du texte pour s’éclaircir jusqu’à la prochaine recharge.

Nous pourrions alors croire que ce fac-similé aussi détaillé soit-il, nous ferait perdre des indications de datation, puisque le support est artificiel. En réalité, le linguiste dispose alors d’autres techniques moins précises mais rigoureuses de déterminer si un texte est original – voire sa date même approximative – dans l’éventualité où le texte lui-même ne la donnerait pas.

Un premier détail consistera justement à étudier la mise en page et, si c’est possible, le rythme de changement de l’épaisseur de l’encre. En effet, selon qu’un texte est écrit de manière cursive (en hiératique dans notre exemple) et par recopie d’un autre texte, ou de manière spontanée, des détails différenciant apparaissent.

Ces différences peuvent alors être étudiées par un expert en écriture (qu’il ne faut pas confondre avec un graphologue), exactement comme lors d’une enquête de police scientifique, afin de déterminer certains aspects mécaniques de la main qui a produit le document. Notamment savoir si le document est le résultat d’une copie ou écrit « à la volée ».

Un second détail intéressera alors le philologue. Dans le cas des systèmes d’écriture égyptiens anciens, nous devons comprendre qu’il existe plusieurs niveaux de langue :

  • L’égyptien ancien, qui correspond à la langue de ceux vivant à l’Ancien Empire, pouvant être écrit en hiéroglyphes ou en hiératique
  • Le moyen égyptien, la langue du Moyen Empire, qui connait aussi les deux systèmes d’écriture
  • Le néo-égyptien, celle du Nouvel Empire, elle aussi exprimable dans ces deux systèmes
  • Le démotique, qui date du 7ème siècle avant JC, et qui utilise son propre système d’écriture du même nom, bien que subsistent encore hiéroglyphe et hiératique
  • Enfin, le copte qui date de l’époque ptolémaïque, donc grecque, qui apparu vers le 3ème siècle de notre ère, construit essentiellement sur l’alphabet grec mais avec des mots dérivant du démotique, donc de l’égyptien. Elle est le dernier état de langue des pharaons, actuellement pratiquée par les chrétiens d’Orient que nous nommons les coptes. Et surtout elle signe la disparition des deux anciens systèmes d’écriture déjà beaucoup moins pratiqués et connus.

L’égyptien est donc une langue qui a évolué pendant plus de 3500 ans. Et il vous faut donc comprendre que si vous mettiez en présence le pharaon Khéops de l’Ancien Empire avec un Ramsès II (séparés tous deux de 1000 ans), ils seraient dans l’incapacité de se comprendre, tout autant qu’un français d’aujourd’hui ne pourrait pas comprendre Charlemagne.

L’incidence de cette évolution d’une langue sur notre raisonnement est que la grammaire évolue tout autant que le sens des mots. Par exemple, si un cabriolet désignait un véhicule à cheval au 19ème siècle, il désigne une voiture décapotable aujourd’hui. Il en est de même pour les mots égyptiens. Pour ce qui est de la grammaire, et attendu qu’elle n’a probablement jamais été codifiée dans un manuel aux époques des pharaons (nous n’avons aucune source en ce sens), elle suit ces mêmes principes.

Des règles de grammaire, ou plutôt des « usages », apparaissent et disparaissent dans le temps. Par comparaison, nous pourrions par exemple supposer que notre passé simple français est une forme verbale qui serait abandonnée au profit du passé composé, par simplification. En effet, il est plus simple de ne conjuguer que les deux verbes auxiliaires être et avoir, que de décliner les verbes eux-mêmes, qui prennent une forme adjectivale lorsqu’ils sont au participe passé.

Ce même mécanisme de simplification verbale existe aussi dans la chronologie de langue égyptienne. Il existe donc des marqueurs linguistiques qui permettent d’estimer une fourchette de datation d’un texte égyptien.

Dès lors, si un faussaire devait réaliser un faux texte réaliste, il doit connaître ces marqueurs et surtout, choisir le niveau de langue dans lequel il veut s’exprimer. Notons au passage que réaliser une copie par agrégat de plusieurs textes authentiques suppose alors que ces sources sont datées dans une période où ils partagent ce même niveau de langue : les mélanger amènerait immanquablement à la preuve d’un faux.

Or dans le cas des papyrus de Rhind comme de Moscou, les connaissances en la matière entre 1858 et 1893 ne permettaient pas encore de faire cette distinction comme nous le faisons aujourd’hui. A titre d’indication, le dictionnaire de référence de Faulkner (A concise dictionnary of Middle Egyptian – ISBN 0-900416-32-7) sur le Moyen Égyptien a été édité pour la première fois en 1962. Ainsi, nous pouvons raisonner par l’absurde que le texte est authentique car les ouvrages de référence permettant de créer un faux n’existaient pas encore à la date où ils ont été découverts.

Cas n°4 : un vrai support et un vrai texte

Pour être rigoureux, nous devrions ici exposer lesdits marqueurs linguistiques par une analyse complète du contenu des textes. Mais une telle analyse demanderait plusieurs centaines de pages. Nous ne l’exposerons donc pas. En revanche, nous vous invitons à lire l’ouvrage de référence ci-après : « Les Mathématiques de l’Egypte ancienne » de Marianne Michel (ISBN: 978-2-87457-040-7) aux Editions Safran.

Marianne Michel, née à Uccle (Bruxelles) en 1967, est docteur en égyptologie et titulaire d’un master en langues et littératures anciennes et orientales (spécialisation Égypte et Proche-Orient antiques). Elle est également titulaire d’une licence en sciences mathématiques et agrégée de l’enseignement secondaire supérieur.

En outre, les éléments de datation du papyrus de Rhind ont été publiés en 1990 par Spalinger dans son article « The Rhind Mathematical Papyrus as Historical Document » dans le numéro 17 de la revue scientifique allemande Studien für altägyptische Kultur (SAK), en page 295 à 337, éditée à Hambourg et que vous pouvez consulter en ligne.

Conclusion

Bien entendu, une conclusion naturelle s’impose : ces deux papyrii sont très probablement authentiques à tout point de vue.

Certes, la datation exacte n’est pas prouvée, mais nous pouvons réfuter l’affirmation initiale « Ces papyrii sont des faux réalisés au 19ème siècle » et cela sans l’ombre d’un doute.

Mais alors pourquoi cette hypothèse d’un faux ? Depuis de nombreuses années, plusieurs théories les plus folles sont nées sur la construction des pyramides égyptiennes, notamment qu’elles ne pourraient pas avoir été construites par ce peuple. Ces papyrii « doivent » alors être contestés puisqu’ils sont une preuve directe d’un fait historique : la quête d’un discrédit s’impose, aussi irrationnelle soit-elle.

En guise de point final, notons ici que la méthode d’analyse qu’offre la démarche scientifique, permet justement d’éviter de tels écueils. Certes, elle n’est pas infaillible, mais elle n’a jamais prétendu l’être. Car jusqu’à l’apparition d’une nouvelle preuve qui viendrait modifier les conclusions, elle garantit au moins une probabilité forte de validité d’une hypothèse.

Fac-similé numérique de l’entête du Papyrus de Rhind fournie en ligne par le British Museum

« Méthode pour calculer afin de sonder les choses, de connaître tout ce qui est obscur … ainsi que tous les secrets. Ainsi donc, on a recopié ce rouleau en l’an 33, 4ème mois [d’Akhet (ndlr : la saison de l’inondation) sous la Majesté du][roi de Haute et] de Basse Egypte Âaousserê, doué de vie, conformément aux écrits des temps anciens qui ont été faits au temps du [roi de Haute et de Basse Egypte][…]ât[…]. C’est le scribe Iahmès qui a recopié cet ouvrage. »

MICHEL, Marianne, « Les Mathématiques de l’Egypte ancienne » , SAFRAN, ISBN: 978-2-87457-040-7), page 28-29

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